SEMAINE DE L’ORIENTATION : L’AMBASSADEUR A ÉCHANGÉ AVEC LES ÉLÈVES DE PREMIÈRE


02 Feb
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Julien Trévian, le 02/02/2020

Lundi 20 janvier, les élèves de première en spécialité Histoire Géographie Géopolitique et Sciences Politiques ont eu la chance de rencontrer l’ambassadeur de France en Afrique du Sud et de pouvoir échanger avec lui. Pendant une heure, ils ont posé des questions sur son parcours, le rôle d’une ambassade et les relations franco-sud-africaines.

La rencontre s’est déroulée à 16 heures au CDI, réorganisé pour l’occasion. Le diplomate est arrivé dans un style très éloigné de l’image que les élèves avaient d’un ambassadeur. Au lieu d’un homme sérieux et froid auquel ils s’attendaient, c’est une personne proche des élèves et pleine d’humour que nous avons découvert.

LE PARCOURS POST-BAC DE M. LECHEVALLIER

En première, M. Lechevallier n’avait pas encore d’idée précise sur son avenir. « J’étais très loin d’imaginer qu’un jour je serais diplomate », nous dévoile-t-il. A la question de savoir quel genre d’élève il était, il nous a confié s’être « réveillé un peu tard » et « se laisser porter par la vie jusqu’à la terminale ». C’est en prépa qu’il « fait une belle remontée », nous raconte-t-il.

Après avoir obtenu son baccalauréat, il est entré à la prestigieuse école de commerce HEC, qu’il a « bien aimé ». Pourtant, dit-il, « j’ai senti qu’il me manquait quelque-chose ». Intéressé par les relations internationales, le droit et les questions européennes, l’actuel ambassadeur a passé le concours pour rentrer à Sciences Po Paris directement en troisième année. « Et là j’ai senti que j’étais dans mon élément. C’était difficile […] mais j’adorais ce que je faisais ».

En 2002, il entre à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) pour devenir haut fonctionnaire. Son stage de six mois à l’ambassade de France en Colombie et son goût pour la diplomatie sont les raisons pour lesquelles M. Lechevallier est entré au Ministère des Affaires Etrangères à la sortie de l’ENA en 2004.

Le diplomate a profité de l’explication de son parcours pour nous montrer qu’il n’y a pas de parcours unique ou obligatoire pour travailler dans la diplomatie. Il remarque tout de même deux types de profiles. « Soit on est comme moi un peu généraliste […], soit on est spécialiste et donc il faut parler au moins une langue rare » telles que le Mandarin, le Turc, l’Arabe. La maîtrise d’une langue rare permet d’avoir accès à un concours spécifique où elles sont d’un grand avantage.

LE MÉTIER D’AMBASSADEUR

Le travail d’une ambassade consiste à renforcer les liens entre deux pays (dans ce cas la France et l’Afrique du Sud). Pour cela, il faut convaincre les acteurs français comme les entreprises de se développer en Afrique du Sud, voire de développer des partenariats avec le pays, mais il faut aussi convaincre l’Afrique du Sud de l’utilité de ses relations avec la France. M. Lechevallier doit, en d’autres termes, « convaincre les Sud-Africains que la France c’est leur partenaire numéro un ».

Une deuxième partie des questions posées par les spécialistes HGGSPo portait sur le métier d’ambassadeur, un métier basé sur le voyage. Selon M. Lechevallier, le voyage est à la fois un avantage, « une chance extraordinaire », et un inconvénient. En effet, cela signifie « tout quitter » tous les trois ans et « partir à l’aventure quelque part ». Mais pour l’Ambassadeur de France en Afrique du Sud, le voyage imposé aux diplomates est surtout un avantage puisque cela permet de découvrir de nouveaux pays et de voir de nouvelles choses.

Un ambassadeur doit aussi représenter son pays et être loyal envers son pays. Une « chance » et un « honneur » pour M. Lechevallier, mais aussi une contrainte car son discours ne dépend pas de sa conception des choses, mais de la position de la France sur un sujet. « Cela implique pour un individu qui est dans l’habit du diplomate […] de respecter cela et de cacher parfois ses convictions profondes », surtout quand on ne partage pas les idées de son gouvernement.

LES RELATIONS ÉCONOMIQUES ENTRE LA FRANCE ET L’AFRIQUE DU SUD

Contrairement à des pays comme l’Allemagne dont les entreprises sont très visibles (notamment dans le secteur de l’automobile, ndlr), les entreprises françaises ne sont pas très visibles en Afrique du Sud. Et pourtant, il y en a « près de 400 », selon les chiffres de M. l’Ambassadeur, réparties dans tous les secteurs d’activité. Ainsi, nous apprend M. Lechevallier, 30 des entreprises du CAC 40 (les plus grandes entreprises françaises, ndlr) sont installées en Afrique du Sud. De la sécurité, la défense, la santé à l’agriculture, des entreprises françaises sont à l’origine de 55 000 emplois directs.

Le rôle de l’ambassade de France en Afrique du Sud est donc de « renforcer cette présence » d’entreprises françaises en aidant celles qui sont déjà installées en Afrique du Sud et de « convaincre d’autres entreprises françaises de venir investir dans le pays » puisque l’économie sud-africaine a besoin d’investissements étrangers.

Le rôle de l’ambassade est aussi de renforcer les échanges de biens entre la France et l’Afrique du Sud, de faire en sorte que « plus de produits sud-africains soient consommés en France » et que plus de produits français soient commercialisés en Afrique du Sud.

LES DÉSACORDS ENTRE LA FRANCE ET L’AFRIQUE DU SUD

« Il y a toujours des positions qui sont un petit peu différentes en fonction du point de vue, des perspectives, de l’Histoire », nous dit M. Lechevallier. Toutefois, l’Ambassadeur nous indique qu’actuellement, les points de désaccords entre la France et l’Afrique du Sud sont très peu nombreux. « Sur la scène internationale, la France et l’Afrique du Sud sont deux pays qui ont des positions très proches ».

Les principales différences entre les positions française et sud-africaine se trouvent au niveau de la gestion des crises, c’est-à-dire « les positions ou les actions qu’on peut exprimer ou mener face à des crises ».

Il y a aussi divergence de point de vue en ce qui concerne l’attribution de visas. Alors que la France accorde un visa à un Sud-Africain en 48 heures maximum, l’Afrique du Sud les distribue « au compte-gouttes » pour que les étrangers ne prennent pas le travail des citoyens Sud-Africains.

Cet échange a permis aux élèves de la spécialité Histoire Géographie Géopolitique et Sciences Politiques de comprendre des aspects plus spécifiques de la diplomatie et du rôle d’un ambassadeur. Ce fut un échange constructif dans lequel les élèves ont pu se rendre compte de la complexité du métier d’ambassadeur et des responsabilités qu’il engendre. Cependant, après une heure d’entretien beaucoup de questions n’ont pas pu être posées.

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